Pourquoi se préoccuper de la biodiversité ?

Un port dispose d’une diversité d’aménagements : enrochements, pontons, coffres, chaînes… le moindre recoin est utilisé. Cette variété d’habitats favorise l’installation, la croissance et la reproduction de la flore et la faune marine. C’est un lieu abrité qui, isolé des contraintes météorologiques, offre des zones d’eaux calmes et de température relativement constante, propices à la vie.

HyppocampeLe port, un lieu de vie à respecter

Certaines espèces ont besoin de se fixer sur des structures solides pour se développer. Les aménagements portuaires sont de formidables opportunités ! Certaines espèces utilisent l’abri des ports une partie de l’année ou de leur cycle de vie, puis regagnent le large. C’est le cas des larves et juvéniles des poissons qui, le temps de devenir adultes, sont ainsi protégés des grands prédateurs. 

Le port est aussi le lieu d’activités humaines marines et terrestres : utilisation de produits pour l’entretien des bateaux, fuites d’hydrocarbures, déchets organiques… Ces polluants sont ensuite piégés dans le port par les sédiments ou véhiculés par l’eau vers les plages avoisinantes. La prolifération d’une espèce particulière peut être indicatrice d’une pollution. 

Des actions en faveur de la biodiversité portuaire

Les ports sont certifiés ISO 14001 et visent la réduction des activités portuaires à la source en établissant des règles et en proposant aux usagers les équipements adéquats ! La qualité des eaux et des sédiments s’en trouve améliorée. C’est la garantie d’avoir toujours autant de plaisir à pratiquer les activités nautiques demain !

> En savoir plus sur une démarche environnementale exemplaire

L’Indice de Biodiversité Portuaire, un thermomètre de la qualité des eaux

Soucieux de connaître l’impact des activités portuaires sur l’environnement, la Sellor a constitué une équipe en charge de mettre en œuvre, de suivre et de communiquer l’Indice de Biodiversité Portuaire des ports de plaisance du pays de Lorient. Elaboré par des chercheurs de l’Université de Bretagne-Sud, cet indice a permis d'analyser la qualité des eaux des ports de Port-Louis et Kernével.
 
Méthode utilisée : 6 pieux sont échantillonnés sur 3 sites du port (entrée, milieu et fond du port). Il s’agit de repérer directement au cours de la plongée, les espèces fixées sur les piliers. Certaines espèces sont prélevées afin de mieux les analyser à terre.

Les spécificités de chaque port sont prises en compte dans l’élaboration de l’indice. Le premier port audité a été celui de Port-Louis en 2013 et 2014, puis Kernével en 2014.

>> Port-Louis

Contexte : établi dans une anse naturelle et fermée par une digue à l’entrée, le port a été agrandi en 2009.
Résultat des prélèvements :
En 2013 : 6,3/20 Les nouveaux pieux installés en 2009, lors de l’agrandissement du port de Port-Louis, n’ont pas été complètement colonisés. Les espèces généralement présentes sur les  pieux ne sont pas toutes présentes ou en faible quantité.
En 2014 : 10,7/20 Les résultats sont en nette progression. L’Indice de Biodiversité Portuaire permet de suivre précisément l’évolution de la colonisation du port et ainsi, de vérifier le repeuplement des pieux du port de la Pointe à Port-Louis.

>> Kernével

Résultat du prélèvement en 2014 : 13,3/20 Les résultats sont conformes à ce qui pouvait être attendu sur chacun des pieux : ils sont riches d'une faune et d'une flore diverses. Le premier site, en entrée de port, présente une biodiversité subtidale (zone en permanence immergée) très proche de la naturalité, possédant des structures très biogènes. Le second site présente une colonisation de la biodiversité très satisfaisante puisque la vie subaquatique a rapidement recolonisé les structures malgré un travail de peinture réalisé l'hiver dernier pour l'entretien du port. Le troisième site présentait une zone subtidale très restreinte.

Cette opération d’observation et de prélèvement sera réalisée tous les 2 ans sur un même port, afin d’en suivre l’évolution. Les ports de Gâvres, Lorient et Guidel seront audités en 2015.